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 By: Jens Larssen  | Date: 2005-09-01  | Category: Interviews    | Comment  
 8a.nu

Charlotte Durif (15) is already the best female onsight climber ever, having onsighted 54 routes 8a's and harder including one 8b. She is #7 in the world ranking out of all male! In the beginning her ascents were questioned by the frenchies but since she has won two Junior worlds, in a superior style, they should, instead, be proud. Charlotte who started her climbing career in portaledges on icefalls etc, at the age of nine, has the possibility to be a world famous sport athlete. By Rachelle McElroy - www.8a.nu

Comment, pourquoi et quand, as tu commence a pratiquer l'escalade?

Charlotte-Durif-(2).jpg

Bejing 2005

 
A 9 ans, en club, après que mon frère et papa m'aient emmenée quelques fois en montagne. J'ai commencé par la haute montagne : plusieurs longueurs et bivouac en paroi ou sur glacier. Puis j'ai pratiqué plus assidûment l'scalade en falaise sportive.

Qui est votre entraîneur? Avez vous un programme d'entraînement?
Mon papa. Je n'ai jamais eu de programme spécifique de traction, ni soulevé la moindre charge. Mon expérience s'appuie sur un volume de voies important, ce qui suffit à développer les capacités nécessaires et adaptées à mes besoins jusqu'à ce jour. Dans mes entraînements, j'apprends à gérer mon effort dans des situations techniques toujours plus complexes. Je pratique quelques-unes des meilleures falaises européennes. Je varie beaucoup les matières (grés, calcaires, granit ...) et les styles de grimpe(dalle, collo, dévers, trou, chiquette, cupule, plat...). Je grimpe le plus régulièrement possible. Deux fois par semaine, plus le WE. J'adapte mes ambitions aux moyens du moment. Par contre, je programme méthodiquement mon cycle de progression de l'automne jusqu'à l'été suivant.

Qu'est-ce qui te passionnes le plus dans L'escalade?
L'escalade est un jeu créatif. J'aime les exigences de cette activité. C'est une discipline folle, toujours renouvelée, où rien n'est acquis. Quel que soit le niveau, la performance n'est pas une question de genre, homme ou femme. Ce n'est pas, non plus, une question d'age, mais d'expérience.

Quel est ton meilleur souvenir?
-
Des bivouacs en paroi dans un hamac à la « croix des têtes » ou sur la glace en « Oisans » (avec papa et mon frêre)
  m'ont apporté l'ambiance d'un environnement.
- Ma rencontre avec Lynn à Cantobre m'a libéré de mon handicap de taille.
- Chris dans Biographie m'a permis de mettre une dimension à l'escalade sportive. 
- Parcourir des terrains aussi fous que « Kalymnos, Rodellar, Montsant ou le Tarn » me fait aimer la nature avec émotion. 
- Evoluer sur des voies aussi classes, riches et exigentes que « Putain-putain, Cannibale, Féérie, Priapos, Akkelare » et bien
  d'autre...me permet d'être une chanceuse de la vie.
- Ma victoire à Edimburgh (world 2004) m'a permis de relativiser la compétition.

Comment Décrirais-tu ton style d'escalade (de grimpeur)?
J'ai la capacité de gérer une voie. Je suis plutôt dans une filière de continuité. Mes terrains favoris sont les grandes voies de 40 à 70m. Elles sont des voyages sans fin. Elles me donnent le temps d'équilibrer mon rythme, de prendre du plaisir et de me resservir. J'ai toujours grimpé au voisinage de mon niveau et je privilégie le « On Sight ». Ce sont des choix d'expériences bien plus prioritaires que le choix d'une cotation. Devoir travailler une voie n'apporte aucune créativité. La falaise n'est pas du bloc. Elle ne se limite pas à un exercice purement technique avec des « méthodes ». Chaque section de chaque voie est une découverte. J'adore décrypter un passage et imaginer sa résolution. Je suis aussi victime de ma démarche. Il est des sites ou je suis « croix de secteur » ou pas loin de l'être: Tarn, Céuse, La Balme. En cela, je regrette que ces sites ne puissent m'en donner encore autant que ce qu'ils m'ont grandie dans ma pratique.

Avec mes 1m60, je peux « enfin » me permettre d'aborder de sérieuses difficultés, le plus souvent ouvertes par des hommes de grande taille. Il me faut encore compenser, mais la difficulté est plus abordable. C'est ma deuxième année dans le « 8 » et je commence à m'essayer sur des voies plus teigneuses de 20/25m. J'apprécie moins ce « condensé de besogne », mais je m'en sort. Je hais les voies de pur « bourrinage »... comme si la valeur d'une difficulté devait se mesurer exclusivement à un surdosage musculaire. Je déplore cette illusion collective.

Je ne me prends pas la tête avec mes réalisations les plus ardues. Elles correspondent à un état de forme, rien de plus. Je n'en suis capable qu'à certains moments. C'est le fait d'un cumul d'exigences et je pense que c'est parfois le fait d'un ou deux mouvements plus audacieux et chanceux que les précédents. Les grimpeurs de haut niveau devraient s'essayer deux fois de suite dans les voies qu'ils réalisent? Je ne tiens pas une réussite comme un but unique. Je veux aussi me faire plaisir et conserver l'envie de retourner faire une belle voie, dure ou non.

Je n'ai pas encore fait beaucoup de voie de grande difficulté et je ne sais pas ce que je peux valoir dans le 8c / 9a, mais si je ne me blesse pas, je me dis que j'y viendrai un jour sans retenue, comme pour toute les étapes que j'ai vécu. Actuellement, ma curiosité et mon plaisir ne sont pas encore en phase avec les nécessités de ce niveau. Je préfère être 8a/a+ OS en perf max, à peu près sur chaque site. Mon 8b OS était un objectif suffisant. Plusieurs fois, il ne m'a manqué qu'un mouvement de « taille », comme dans « Putain-putain 8b+ », que j'enchaînais OS dés 2004. Un an plus tard, dix cm en me font un peu plus faire la différence. Cet été 2005, dés la première visite, j'accrochais le « jeté ».

Il reste que, plus la difficulté est grande, plus la lisibilité intermédiaire pour les petits est absente, et, plus c'est localement et incontournablement une question de taille, parfois pour un mouvement sur la totalité d'une voie. Par ailleurs, il y a tellement de voies intermédiaires qu'il serait dommage de ne plus les apprécier pour le plaisir qu'elles peuvent nous donner. Je verrai bien. J'espère grandir encore un peu avant d'aller dans du plus dur, et restée aussi motivée que mes aînées.
 

Rodellar-Coliseum-(2).jpg

Rodellar, Colliseum

Quel est ton but? 
Dans le présent, je voudrais découvrir plus souvent des voies de pure plaisir, dure ou non,  mais très technique, avec des compositions de mouvements très variées. « 8a.nu » devrait créer une rubrique : « Voie exceptionnelle par sa qualité » (diversité technique, esthétique des mouvements, homogénéïté de la difficulté, qualité du contact, équipements adaptés, pas de situations morphologiques?) Dans le futur, parcourir des voies de plusieurs longueurs dans une bonne difficulté.

Qui est ton but?
Je n'ai pas d'idole. J'ai plutôt l'envie de vivre autant d'expériences de falaise que certaines de mes aînées: Lynn Hill, Martina Cufar, Cathy Wagner... et peut-être un jour parvenir au style de pratique de Philippe Mussato. Je pense que ce grimpeur est un visionnaire ... solitaire. Il ouvre et enchaîne des voies de plusieurs longueurs dans le 8. J'envie son expérience.

J'apprécie beaucoup le style plus fluide des féminines... et je trouve encore plus extraordinaire de voir un gars grimper comme une fille, capable de gestes arrondis, fluides et très placés. J'en ai rencontré 3 en quatre ans de pratiques, à un bon niveau. Le style désarticulé de Dave Graham est un spectacle fou. Il y est tellement généreux et sincère. Avec mes yeux de gamine, Chris m'est apparu incroyablement puissant et pourtant tellement simple de retour sur la planète, après Biographie dont j'ai pu assister en direct à la réalisation.

J'aime bien l'évolution de la très jeune génération. Je salue et remercie tous ceux et toutes celles qui m'ont permis de vivre, au cours de mes voyages, un bon moment de grimpe en leur compagnie.

8a.nu